Guns N’Roses : Bienvenue Dans La Jungle

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L’année 2010 commence très fort à Montréal avec un événement de taille : le retour de Guns N’Roses dans la métropole. Près de 18 ans après les émeutes du Stade Olympique, c’est avec la tournée de Chinese Democracy qu’Axl Rose a décidé de remettre les pieds à Montréal et ainsi permettre aux fans et curieux qui ont rempli le Centre Bell d’essayer de comprendre ce qui s’est passé en 1992, d’obtenir des excuses du chanteur ou tout simplement de vérifier si le groupe le plus populaire des années 80-90 était toujours à la hauteur de son patronyme.

8 août 1992, le Stade Olympique de Montréal ouvre ses portes à 55 000 personnes pour un concert exceptionnel réunissant Faith No More, Metallica et Guns N’Roses. Et c’est une soirée mythique qui va s’y dérouler, mais pas de la façon attendue. C’est effectivement ce jour-là que James Hetfield se brûle le bras droit au 3e degré à cause de la pyrotechnie, obligeant ainsi le groupe à interrompre leur set. Puis, après deux heures d’attente, Guns N’Roses rentre enfin sur scène… pour y couper court au bout de 40 minutes, Axl Rose ayant décidé de quitter le stade sans vraie raison apparente. Après quelques minutes de stupéfaction, le public réalise que le concert est bel et bien terminé et une émeute sans précédent éclate, marquant ainsi l’histoire de la musique montréalaise à jamais.

Alors qu’en est-il aujourd’hui ?

27 janvier 2010, 12.000 personnes s’empressent de rentrer dans le Centre Bell pour acclamer Guns N’Roses, mais non sans quelque appréhension. D’ailleurs, il leur faudra quand même attendre 22h20 pour que la star et ses musiciens daignent enfin monter sur scène, au son de « Chinese Democracy ». Mais dès les premières notes de « Welcome To The Jungle », toute rancœur semble être oubliée, laissant place à un enthousiasme contaminant toute la salle. Au fur et à mesure de la set list, les chansons du dernier album et covers se mêlent aux incontournables, avec notamment les indispensables « November Rain » et « Knockin’On Heaven’s Door » ou encore « Sweet Child O’Mine », « Live And Let Die » et « Paradise City ». De quoi satisfaire le public un minimum.

Axl Rose, quant à lui, s’est pris un bon coup de vieux dans la face et personnellement, me fait penser à un quinquagénaire texan (refait ?) qui se serait reconverti dans l’administration d’un ranch transformé en maison close. Bref, une blague. J’ai du mal à comprendre pourquoi lorsqu’on porte le nom d’Axl Rose, on ne soit pas capable de se reposer sur les dividendes de ses albums passés au lieu de vouloir à tout prix remonter sur scène au risque de flinguer l’image mythique d’un groupe tel que GN’R.

Parce que oui, Axl est peut-être encore capable de bouger et de courir dans tous les sens pendant 2h30 de show, mais sa voix a déjà beaucoup perdu de sa prestance d’il y a 10 ans, sans compter le fait qu’il ait besoin de prompteurs aux quatre coins de la scène pour s’assurer de ne pas oublier les paroles…. Alors que penser en plus du fait qu’il parte en backstage après quasiment chaque chanson… pour changer de tenue et de coiffure ??? Il est parti loin l’esprit du Rock’n’Roll que notre génération n’a eu cesse d’entendre parler, nous faisant par là-même regretter de ne pas être nés plus tôt ! Et ce n’est certainement pas avec ce genre de concert qu’on risque de le retrouver !

A propos de 1992, quelques allusions sont lancées « you know where you are? I think you do. You’re on Montreal! You’re gonna die ! » (vous savez où vous êtes? Je pense que oui. Vous êtes à Montréal ! Vous allez mourir !), « I think I recognize some of you…. That’s right » (Je pense reconnaître certains d’entre vous… C’est vrai). Mais pour de réelles explications/excuses, autant s’asseoir dessus ! Pourtant on est à deux doigts d’y croire lorsqu’il commence à présenter des excuses… mais pour une certaine performance aux MTV Vidéo Music Awards de 2002 dont à mon avis personne ce soir n’avait quelque chose à carrer…

« Guns N’Roses »

L’autre interrogation de la soirée était de voir ce que pouvait rendre sur scène un groupe légendaire dont tous les membres d’origines se seraient soit barrés, soit fait virés, étant donné qu’Axl Rose est toujours le seul à détenir les droits de toutes les chansons du groupe. Le résultat n’est pas forcément mauvais, les chansons sont très bien exécutées, les musiciens donnent l’image d’être un groupe à part entière sur scène, chacun a le droit à son solo… mais sérieusement… on s’en fout ! Ce ne sont pas Duff McKagan, Izzy Stradlin, Steven Adler… et surtout, ce n’est pas Slash !!! (même si DJ Ashba semble vouloir pousser la ressemblance à l’extrême !) Alors, même si le public paraît insensible à la différence et n’être venu que pour aduler la célèbre rock star, il y a comme un léger goût amer qui reste incrusté au palais.

Enfin, il n’y a quand même pas de quoi se plaindre non plus vis-à-vis des événements du passé. Le show a duré 2h40 (sortis du Centre Bell à 1h10, du jamais vu paraît-il), le son n’était pas à plaindre, les lumières étaient superbes (mention spéciale aux armatures en fer au centre du plafond, 4 demi-cercles entourant un anneau sur lesquels étaient disposés des projecteurs automatiques, et ayant la capacité de pouvoir s’abaisser de façon à établir des circonvolutions très intéressantes à observer) et la pyrotechnie assez intéressante pour capter l’attention.

C’est déjà beaucoup dira-t-on, on n’a pas vécu le pire comme certains s’y attendaient, mais le concert n’était pas exceptionnel non plus, comme on peut être en droit de l’attendre face au nom de Guns N’Roses… « You deserve the truth… but tonight’s not the time » (vous méritez de connaître la vérité… mais pas ce soir) sera le dernier sarcasme lancé par Sieur Rose avant de quitter la scène… Une nouvelle preuve qu’on ne doit pas naviguer dans le même continuum spatio-temporel…

Set List :
Chinese Democracy
Welcome To The Jungle
It’s So Easy
Mr. Brownstone
Sorry
Richard Fortus Guitar Solo
Live And Let Die (reprise de Paul McCartney)
If the World
Better
Dizzy Reed Piano Solo
Street Of Dreams
Instrumental Jam
You Could Be Mine
DJ Ashba Guitar Solo
Sweet Child O’ Mine
I.R.S.
Instrumental Jam : Immigrant Song de Led Zeppelin
Axl Rose Piano Solo : Someone Saved My Life Tonight d’Elton John
November Rain
Bumblefoot Guitar Solo
Knockin’ On Heaven’s Door (reprise de Bob Dylan)
Out Ta Get Me
Patience
Shackler’s Revenge
Nightrain

Rappel:

Madagascar
Scraped
This I Love
Paradise City

Durée : 2h40

TEXTE + PHOTOS // FLEA

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Comments
5 Responses to “Guns N’Roses : Bienvenue Dans La Jungle”
  1. Emilie says:

    Très bon texte dis donc! J’ai vécu le même concert que toi, avec un Axl Rose décevant au final.
    Bon ok y’a pas Slash, mais Dj Ashba reste pas mauvais, on aurait pu avoir pire!

  2. Babanou says:

    Très bon. J’suis quand même étonné qu’Axl ne se soit pas enfui à la fin de la première chanson.

  3. Jangui says:

    Voui voui voui, très bien écrit :) Tu vas faire un article enflammé sur JBT maintenant ?

    • Flea says:

      Merci tout le monde!

      Jangui, gâche pas la surprise voyons! lol
      Non, va d’abord y avoir eXterio et après peut-être JBT mais j’ai pas de photos pour lui donc j’suis pas encore décidée…

  4. Domi says:

    Très bon article, très bien écrit !!
    Que dire de plus….continue comme ça, vivement le prochain article

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