Comment la déesse Terre est devenue un meuble

©Elodie Castillo
Il semblerait que la maternité soit un problème : « les femmes font les enfants et l’homme ne peut que les reconnaître ». Alors pour obtenir sa part du contrôle, l’homme invente le mariage et une série de traditions basées sur les notions d’obéissance et de propriété. Pourtant, le monde n’a pas toujours fonctionné comme cela. Le changement se fait attendre.
DE LA DEESSE TERRE AUX COUILLES DE TAUREAUX
Il était une fois, en des temps immémoriaux, un monde en parfaite harmonie avec la nature dans lequel vivaient des hommes qui s’occupaient d’élevage ou d’agriculture et des femmes qui assuraient les premières cohésions familiales. Un monde dans lequel, il était naturel que la mère, cette déesse Terre, assure la survie de l’espèce. Un monde dans lequel la maternité était la seule chose indestructible.
Oui mais voilà, depuis le Néolithique – 10 000 ans avant JC – période à laquelle les hommes ont pu observer l’évolution des petites graines grâce au changement climatique, est apparu d’obscurs concepts tels que : la masturbation et le sperme. L’homme, cet être pénétrant, a pris conscience du précieux, de l’importance (que dis-je) de la gravité de la paternité. Depuis le Néolithique, nous vivons donc dans un monde d’homme dans lequel la femme, la mère et déesse Terre, n’est plus élevé que comme une incapable.
LE CYCLE DE LA MORT
Dans ce monde oublieux du cycle de la nature, les femmes meurent, les femmes sont reléguées aux tâches difficiles, les femmes sont mises à l’écart des systèmes éducatifs et de santé. Les femmes que l’homme veut désormais contrôler n’ont le droit qu’à la pauvreté.
« La mortalité maternelle est la conséquence du cycle des atteintes aux droits humains – la privation, l’exclusion, l’insécurité et l’impossibilité de faire entendre sa voix – qui définit et perpétue la pauvreté. » maintient Amnesty International qui sort aujourd’hui, mercredi 27 janvier 2010, un rapport sur la mortalité maternelle au Burkina Faso, dans le cadre de sa campagne « Dignité ».
Ce rapport explique pourquoi « 2783 femmes meurent chaque année des suites de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement » : le statut des femmes subordonnées au foyer ; les mariages forcés et grossesses précoces ; des traditions inhumaines ; pas d’accès au système de santé ni à l’éducation.
Comment agir ? Amnesty International propose le contact direct et organise, du 28 janvier au 8 février 2010, une caravane de sensibilisation qui parcourra le pays à la rencontre des populations.

©Elodie Castillo
LE PIEGE DU GENRE
La mortalité maternelle touche tous les pays. A l’échelle mondiale, une femme meurt en couche toutes les minutes. Il ne s’agit pas seulement d’une question de santé publique, ni même de droits humains mais d’incohérence comportementale à l’égard de l’espèce humaine, à l’égard de ces femmes que l’on détruit sous les coups de traditions violentes et de discriminations de genre.
Si la société actuelle veut pouvoir survivre, il est temps d’établir un équilibre femme-homme et de se poser la question : comment peut-on se réapproprier l’origine du monde ?
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TEXTE: Raya B’Dull
ILLUSTRATION: Elodie Castillo
INSPIRATIONS :
Martine COSTES de Metanoya
Amnesty International – Campagne Dignité
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