Marilyn Manson, Antéchrist pas si Superstar (2/2)

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2009.09.22 – Marilyn Manson – Montréal @ Centre Bell

Quelques mois après la sortie de l’album, et seulement deux jours après que Metallica aient enflammé cette même salle, c’est au tour de Marilyn Manson de prendre possession du Centre Bell, le 22 septembre. Et la première différence saute très vite aux yeux : la scène avancée jusqu’à la moitié de la salle, les gradins et la fosse à peine remplis et les balcons carrément fermés… on sent instantanément que la prise d’assaut des places pour le show précédent n’a pas été contagieuse pour cette soirée.

Le groupe de première partie est également bien loin d’arriver à la hauteur de ceux du week-end dernier. Le punk-rock de Die Mannequin, un groupe de Toronto, qui a pourtant déjà ouvert pour Guns N’ Roses ou Sum 41, me fait un peu l’effet du corbeau de Nicky Larson : on ne comprend pas trop ce qui se passe, on finit par se demander si on a vraiment envie de comprendre, on reste avec un air hébété et une seule question en tête – « Mais qu’est-ce que… Pourquoi ? ». De tout leur set, aucune chanson ne réussira vraiment à attirer mon attention. C’est du punk-rock tout ce qu’il y a de plus classique à mon goût, si ce n’est ce petit truc en plus qui rend aussi bien l’écoute que la vue un tantinet agaçantes : la chanteuse. Car non seulement sa voix n’est pas particulièrement agréable, mais son comportement sur scène est beaucoup trop exagéré pour faire pencher la balance en faveur de ce qui pourrait éventuellement être une artiste/punk/surexcitée/folle/hyperactive (rayer les mentions inutiles) attachante. La mise en scène de leur spectacle est telle qu’à la fin, ils feintent être coupés en pleine chanson par les techniciens qui viennent leur confisquer leurs instruments et emmènent même la chanteuse qui se débat pour rester sur scène. Ouais… mais non.

Lorsqu’arrive le tour du Révérend, un grand drap blanc est dressé devant la scène. Habituellement, cet artifice est utilisé soit pour cacher une installation particulière sur scène et garder le suspense jusqu’au début du concert, soit pour faire des effets d’ombres chinoises pour agrémenter les premières minutes du spectacle. Or ici, il n’en est rien. La seule utilité aura probablement été de cacher les membres du groupe jusqu’au début de « We’re From America » puisque, quand le rideau tombe, le décor est pour le moins… inexistant, à l’exception d’un drapeau américain customisé façon Marilyn Manson dans le fond. Au niveau des éclairages, c’est le même constat. Là où certains parleront surement d’épuration, moi j’emploierais plutôt le terme de basique, car là, on frôle à peine le minimum requis. Et de la première chanson à la dernière, rien ne fera vraiment figure d’exception, loin de là. A défaut de décor, il y aura au moins quelques accessoires, comme une cape, un chapeau et des projecteurs de cinéma que des assistants amèneront sur scène pour « The Dope Show », une Bible qui s’enflamme lorsqu’il l’ouvre, ou encore le célèbre micro en forme de poignard qu’il gardera juste assez longtemps pour se couper le doigt en essayant d’ouvrir une bouteille de bière avec… Autant dire que lorsque qu’il mime de balancer les quelques pauvres gouttes de sang qui perlent à son doigt sur la foule, on se rapproche beaucoup plus du ridicule que des rumeurs de sacrifices d’animaux ou de scarifications sur scène ! Ma première rencontre avec l’« Antéchrist » laisse peu à peu le mythe s’effondrer…

Si ce n’était pour le spectacle en lui-même, ça ne sera donc pas plus pour Marilyn Manson qui, bien loin de sa silhouette façon « crevette » des premières années, porte à présent un ventre laissant deviner la quantité de bière absorbée. Bières qu’il ingurgite d’ailleurs rapidement à chaque fin de chanson, afin d’accompagner des pilules qu’il prend entre deux bouffées dans un masque à oxygène, avant de balancer la bouteille tantôt dans le public, tantôt sur ses musiciens. Ce qui se veut probablement anticonformiste, contestataire et je-m’en-foutiste finit par devenir lassant et va vite tourner au ridicule lorsque ses assistants lui amènent deux drapeaux : un américain et un canadien. Dans sa volonté de faire participer le public, il demande d’en choisir un mais a l’air particulièrement surpris de voir les deux se faire siffler… Eh oui, nous sommes au Québec ici et le nationalisme ambiant aurait définitivement préféré la fleur de lys à la feuille d’érable… Mais le sommet ne sera vraiment atteint que lorsqu’il justifiera son manque d’énergie par le fait qu’il ait attrapé la grippe A. Merci mec ! Si j’avais su, j’aurais probablement opté pour les gradins…

Le seul intérêt du show de ce soir ne résidera donc vraiment qu’en la présence de Twiggy Ramirez (Jeordie White de son vrai nom) dont cette tournée marque le retour aux côtés de Marilyn Manson, après avoir officié dans A Perfect Circle et Nine Inch Nails. Le bassiste émérite avait en effet quitté le groupe en 2002 et y revient à présent en tant que guitariste (du moins pour cette tournée).

La reformation du couple Manson-Ramirez (puisqu’il s’agit vraiment de cela tellement leur complicité et leur proximité est flagrante) a donc amené le public à espérer un retour aux premières années du groupe.

Et oui, le son est bon, les morceaux sont parfaitement exécutés sur scène, et c’est bien le seul point positif à retenir. Mais assister à un concert les yeux fermés n’est pas vraiment effet recherché…

TEXTE/PHOTOS: FLEA

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Voir également :

> Marilyn Manson, Antéchrist pas si SuperStar, Part I

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