BERLIN DIARIES: Comme des zombies
Vendredi. Berlin commence à nous envahir. Comme Jim l’a si bien dit, chaque fois que l’on sort d’une nouvelle bouche de métro, nous arrivons dans une nouvelle ville. Berlin a quelque chose de magique.

Mais aujourd’hui, nous sommes de vrais zombies. Comme si, après une après-midi à visiter le Tacheles des artistes indépendants et alternatifs, nous étions soudain arrivés sur une nouvelle planète. Si tu pensais que le monde allait s’éteindre en 2012 à cause de la fin du calendrier Maya, et bien, tu te trompais lourdement. L’apocalypse est déjà là.
Jim ne se lavant pas les dents avant de sortir de la chambre d’hôtel en est l’un des premiers signes. Le fait est que Jim a établi tout un rituel : le bleu pour le matin et le rouge pour le soir. Le dentifrice est la clé d’une bonne vie sociale. Quelle est son excuse pour ne pas s’être brosser ce matin ? “J’ai chié une belle merde de zombie. L’odeur est tellement insupportable dans les toilettes que je ne le supporte pas moi-même. Satan sait que j’aime l’odeur de ma merde mais là non. Je ne peux donc pas aller me laverles dents.” (les chiottes sont dans la salle de bain. Non, Jim ne se lave pas les dents dans la vasque royale !)

Bleu ou rouge
Notre plan pour aujourd’hui : visite de “Topographie de la Terreur”. Il s’agit d’un site historique. Entre 1933 et 1945, le quartier décisionel de la persécution et de la terreur Nazi était localisé sur le sol et sous-sol de l’actuel ‘Topographie de la Terreur’. Les quartiers généraux de la Gestapo étaient installés à Prinz-Albrecht-Str. 8, tout comme le bureau principal de la sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt) en 1939, tandis que le voisinage accueillait le centre administratif des SS. Ici étaient planifiés les génocides. On y retrouve également la “House Prison” réservée à l’interrogatoire et à la torture des détenus.

Ouverture quotidienne et gratuite, le site présente, en plein air, une série de portraits et de documents consacrés aux anciens prisonniers. Beaucoup ont été exécutés, tous y ont été torturés. Le site est chargé d’émotions diverses. A côté des portraits sont présentés des photographies reflétant la terreur : exécutions publiques, individus pendus dans les rues… L’une d’elle montre un homme au bord d’une fosse commune, un flingue braqué sur l’arrière du crâne, sur le point de se faire exécuter.

Pour rendre ce jour parfaitement authentique, il a commencé à pleuvoir. J’ai quitté cet endroit, plutôt bouleversée. Comment en sont-ils arrivés là ? Comment n’ont-ils rien vu venir ? Un nom tel que “national socialisme” en soit ne laisse rien présagé d’aussi monstrueux, mais il a pourtant abouti au Nazisme. Idem pour le communisme qui a accouché du Stalisnime. Un même siècle, deux peuples et les mêmes horreurs (camps de concentration, génocides…). Comme le montre l’exposition, les gens étaient tellement habitués à la violence que nombre d’entre eux ne s’en étonnaient plus. A partir de quand devons-nous nous lever et faire entendre notre voix : “Arrête-là tes arguments culturels de merde, tu as humainement tord !” ?

Sauvez notre planète
Bordant une partie du site, se trouve un morceau du mur de Berlin. Nous y trouvons une mention plaisante “Savez notre planète” – Oui, ça devient urgent. Jim et moi avons marché le long de ce mur sous une pluie battante. Je me suis sentie tellement pathétique et hors de mon temps. En plus, la faim commençait à nous ronger. Nous avons donc commencé à chercher un endroit contemporain et rassurant pour nous restaurer : Burger King. Que nous n’avons jamais trouvé. Nous nous sommes finalement posés dans un restaurant Australien en plein centre de Berlin, pour y manger un menu Thai. Berlin, une ville cosmopolite. Le serveur était homo, mais défiguré (un gros nez), pour citer Jim.
La pluie n’a pas cessé. Alors nous sommes allés au cinéma : Harry Potter… Avant d’entrer dans la salle, nous avons partagé une glace et malencontreusement visionné une seconde et demi du film Brüno. Le seul bon point que je peux trouver à Harry Potter, c’est l’esthétisme. Cette bouse est bien belle à visionner. (Je n’aime pas Harry Potter, livres et films.)
L’anecdote marrante : deux hommes qui se tripotaient sur le rang devant nous. A un moment, j’ai vu Jim relevé la tête de son siège et se mettre à gueuler “J’VAIS M’FAIRE UNE CREPE !” avec l’accent québécois.

Ce que nous ne savions pas, c’est qu’une tempête faisait rage à l’extérieur. De retour dans notre hôtel, nous avons retrouvé une chambre post-apocalyptique. Une fenêtre était cassée et nos affaires complètement trempées !

Fenêtre brisée, pas d'saucisse au déjeuner
Nous avons fini notre journée telle qu’elle avait commencé : comme des zombies. En quête de chair fraîche, nous avons opté pour des cheeseburgers new yorkais (9.40€ chacun. Ce n’étaient pas des steaks hachés de molasses !), servis par l’excellente Hilde que je n’oublierai jamais.
Texte: Raya B’Dull































Qu’elle idée d’allez au cinéma alors qu’il y a temps de choses a voir à Berlin… Le mur avec “save our planet” me rappel le mur installé dans mon ancien collège avec le même principe de cylindre tout en haut pour empêché de passé .
Mais je pense que on ne sort pas indemne de ce genre de lieux que sont les quartiers générales de la gestapo…
Honte a nos dirigeants internationaux d’avant et après guerre !
L’idée, c’était de se mettre à l’abri. haha
J’ajouterai d’autres photos du mur et tout ça d’ici peu.