BERLIN DIARIES : Couscous & Paranoïa
Klaus est de retour ! Oui, le putain de serveur canon de Starbucks est là ce soir. Et Jim jubile. Mais s’il-te-plait Klaus, (faisons comme s’il s’appelait réellement Klaus. Jim prétend qu’il s’appelle “Félix”) ne fait pas semblant d’ignorer Jim ! Je ne vais pas pouvoir le contrôler longtemps !
Berlin. Jour 3. Gé-fucking-nial. Peut-être parce que ce que nous avons fait aujourd’hui n’avait rien à voir avec l’histoire de Berlin. Oui, je pense que c’est ça. Nous sommes allés rendre une petite visite au génialissime (et je pèse mes mots) musée Ethnologique de Dalhem, Berlin.
Globalement, la journée commençait plutôt bien : temps clément, limite chaud mais pas trop et rue au trafic dense sous nos fenêtres matinales. Jim, tel un cabri fou, s’est extrait de son lit, commandé par une intenable envie de pisser. Au petit déjeuné, je ne puis me résoudre au style germanique mais je me suis quand même laissé tentée par le pain noir : expérience peu concluante, en tout cas avec un genre de Nutella. J’en suis restée perplexe.
Lorsque nous quittons l’hôtel, Jim et moi retrouvons avec une joie contenue, les sièges glissants du métro. Perdus dans nos contemplations respectives, nous loupons presque notre station de sortie (station dont je serai bien incapable de prononcer le nom ou ne serait-ce que l’épeler). Heureusement, le train s’est arrêté au moins cinq minutes, nous laissant le temps de reprendre conscience, d’analyser notre situation et surtout de réagir.
Nous sommes arrive dans le quartier de Dalhem dans les environs de 11h30. Cadre enchanteur s’il en est : des arbres partout, un soleil doux et une université de sciences humaines. Un paradis à mes yeux. Mais Jim semblait un peu perplexe à l’idée de passer quelques heures dans un musée.
Mais le musée était époustouflant. Nous avons commencé la visite par la section Maya où nous avons pu rencontrer une statue que nous avons immédiatement identifiée comme celle du tout premier vampire. Il arborait de bien fières canines. En tout cas, c’est ce que nous y avons vu. Ensuite vint la section Océanie avec ses statues aux phallus proéminents. J’y ai également contemplé de spectaculaires bateaux à voiles tandis que je surprenais Jim, pieds nus, qui s’incrustait dans les restitutions d’habitats.
Deux heures plus tard, nous mourrions littéralement de faim. Emportés par notre boulimie culturelle, nous avalâmes notre couscous allemand en cinq minutes chrono (encore un record à ajouter à notre actif) avant de retrouver les obscures couloirs de la section Afrique. Dans forme olympique ! Tentant d’analyser un imposant groupe sculpté mettant en scène des formes anthropomorphes tenant des têtes plus petites :
« Cassons du crânes ! gueula Jim.
- YES ! Et oui, mais alors attend, je pense plutôt que c’est un truc sur la fécondité. Les petites têtes sont plutôt des nourrissons que des crânes.
- Ah merde. »
La section Asie était épique. Mais je ne parle pas des artefacts. Des gardiens ont commencé à nous suivre d’une pièce à l’autre ! Je suis sûre qu’il y avait plus de gardiens que de visiteurs dans ce musée. Etaient-ils si heureux de voir de nouveaux visages qu’ils se sont sentis obliger de nous suivre partout ? Nous nous sommes subtilement séparés plusieurs fois afin de brouiller les pistes. Mais que dalle ! Ils nous ont retrouvés à chaque fois. Laissez-moi vous dire qu’il est difficile de suivre une exposition lorsque que l’on vous monitor, vous scrute dans l’ombre et vous épit sans relâche campé derrière la statue d’un gros bouddha ! Nous avons donc visité cet excellent musée de fond en comble, suivi par une armada de mecs de la sécurité. Avons-nous une gueule de bandit ?
Nous sommes partis après quasiment cinq heures de visite. Le temps n’évapore dans ce vortex de culture et de paranoïa.
Ce soir, après une journée dans le quartier des artistes, nous avons rencard avec un certain Brad. Brad Pitt. Nous vous en dirons plus demain.
Texte : Raya B’Dull
Avec l’aimable assistance de Jim Dante !




















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