PF: Guerre et paix partie 2 : La théorie de l’identité sociale
Cette fois encore, je vais me contenter d’un résumé, peut-être un peu caricatural, sinon l’article prendrait des pages…
Comme la fin de l’article précédent le laissait deviner, entre en scène un nouveau personnage du nom de Tajfel. Celui-ci se base sur les travaux que Bruner a réalisés sur la catégorisation perceptive pour créer la notion de catégorisation sociale. Cela consiste à catégoriser son environnement social (notamment les personnes) en classes bien définies et à se situer soi-même dans ces catégories.
Deux mécanismes seraient à l’œuvre dans la catégorisation sociale :
* Une exagération des différences entre groupes : les membres d’un groupe voient les membres d’un autre groupe comme plus différents qu’ils ne le sont en réalité.
* Une exagération des ressemblances intragroupes : les personnes voient les membres de leur groupe d’appartenance comme plus semblables qu’ils ne le sont en réalité.
Ceci fait, Tajfel crée le paradigme des groupes minimaux. Ainsi, il démontre scientifiquement que dès lors qu’il y a des groupes (donc une différenciation “eux/nous”), même en l’absence de compétition ou de “sort commun”, apparaissent des discriminations. Ces discriminations favorisent bien entendu l’endogroupe, c’est-à-dire le groupe auquel on appartient.
La question qui se pose alors est : pourquoi discrimine-t-on les membres des hors-groupes et favorise-t-on les membres de notre groupe d’appartenance ?
Cette valorisation du groupe d’appartenance a été appelée “biais de favoritisme intragroupe”. Partant de là, Tajfel crée la théorie de l’identité sociale.
La catégorisation sociale permettrait à l’individu de se définir en temps que membre de groupes particuliers au sein de la structure sociale (sexe, âge, ethnie…), et ce serait à travers ces appartenances à différents groupes que le sujet acquerrait son identité sociale.
Toujours selon Tajfel (notre référence du jour) et Turner, il serait fondamental pour l’individu de vouloir maintenir ou atteindre une identité sociale positive en tant que membre de son propre groupe. Pour cela il compare son groupe aux autres groupes. A l’issue de cette comparaison, son propre groupe doit paraître “meilleur” que les autres dans des domaines que l’individu juge positifs et importants.
Enfin, si l’identité sociale est insatisfaisante, l’individu s’efforcera soit de quitter son groupe actuel pour en rejoindre un plus positif, soit de rendre son groupe actuel plus positif.
Pour résumer cela, citons Vincent Yzerbyt et son article “Les uns contre les autres” : du stéréotype au conflit :
“Pour le dire simplement, ce que nous sommes dépend en grande partie des groupes dont nous faisons partie. Inversement, l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes tend à se propager à l’ensemble du groupe. Dans ces conditions, il est peu surprenant que nous nous efforcions constamment de positionner notre groupe de la meilleure façon possible face à d’éventuels compétiteurs, et encore moins que nous manifestions un traitement préférentiel à l’égard des membres de notre groupe.”
Tajfel donne ainsi l’explication (ou du moins, une explication) de la perception stéréotypique, mais aussi de la discrimination sociale, discrimination qui, selon moi, peut être un chemin vers la rivalité. En effet, le fait de vouloir que son groupe soit “meilleur” que les autres, c’est mettre son groupe en compétition avec les autres. C’est de cette compétition que pourrait découler la rivalité.































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